La rue Mercière

Rue mercière Lyon

Sommaire

Épicentre Gastronomique et Animé de Lyon

La Rue Mercière, au cœur du quartier de la Presqu’île à Lyon, est une artère emblématique réputée pour son animation, sa convivialité et sa scène gastronomique diversifiée. Cette rue historique, jalonnée de restaurants, de bars et de commerces, incarne la richesse culinaire et la vie nocturne de la ville.

L’Épine Dorsale Historique

Rue mercière - plan scénographique
Rue mercière – plan scénographique
  • Historiquement, la rue Mercière a été l’artère principale de la Presqu’île du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle.
  • Elle faisait partie d’un axe de circulation majeur qui traversait la cité du nord au sud, reliant le pont du Rhône (vers l’est) au pont de la Saône (vers l’ouest), bien que cet axe fût composé de plusieurs tronçons portant des noms différents : les rues Bourchamin, Confort et Mercière.

    • La partie sud de l’actuelle rue Mercière était autrefois appelée rue Confort (visible sur le plan scénographique de 1550).

    • Une autre partie rejoignant le pont sur le Rhône était appelée rue Serpillère (aujourd’hui disparue ou intégrée).

La Rue des Marchands

Marchands de tissu
Marchands de tissu
  • Le nom « Mercière » dérive du mot « Mercier » (autrefois écrit Marchire ou Marchande), qui désignait les marchands ou le métier de la mercerie.
  • Historiquement, la rue Mercière était l’artère commerçante principale de la Presqu’île de Lyon, en particulier au Moyen Âge et à la Renaissance.
  • C’était la rue où l’on trouvait un grand nombre d’échoppes et de boutiques vendant des produits variés : tissus, draps, parchemins, fourrures, ainsi que les articles de mercerie au sens strict (petits objets, rubans, aiguilles, etc.).

Elle était donc, par excellence, la rue marchande de la ville, et c’est ce rôle central dans le commerce qui lui a donné son nom.

Le Siècle d’Or de l’Imprimerie

Imprimeur lyonnais francophone du Congrès continental lors de la guerre d'Indépendance
Imprimeur lyonnais francophone du Congrès continental lors de la guerre d’Indépendance

Au XVIe siècle, elle fut surnommée la « Rue de l’Imprimerie ». Des figures humanistes comme Sébastien Gryphe y installèrent leurs ateliers, faisant de Lyon la capitale européenne du livre. L’effervescence intellectuelle fut telle qu’elle donna lieu au fameux « Grand Tric » (1539-1542), considéré par certains comme la première grève ouvrière de France, lorsque les typographes réclamèrent de meilleures conditions de travail.

Un Quartier à la Réputation Sulfureuse

  • Le Déclin Urbain : Après le déclin des grandes imprimeries au XVIIe et XVIIIe siècle, et avec l’essor de quartiers plus prestigieux comme les Brotteaux, la Rue Mercière a perdu de son faste. Ses immeubles, peu entretenus et divisés en petits logements, sont devenus le refuge d’une population précaire.
  • Hôtels de Passes : La rue et ses environs immédiats étaient célèbres pour leurs nombreux hôtels de passes et leurs maisons closes, profitant de la centralité du lieu et de son architecture dense et discrète (petites cours, traboules). Elle était considérée comme un quartier de « mauvaise réputation » à Lyon.
  • Les Années 1950-1970 : Cette activité était encore très présente jusque dans les années 1960 et 1970, ce qui a largement contribué à l’image dégradée et insalubre de la rue à cette époque.

Renaissance et Réhabilitation

Piétonisation de la rue mercière achevée en 1990
Piétonisation de la rue mercière achevée en 1990

Après un lent déclin qui la rendit sombre et mal famée au XIXe siècle, la renaissance de la rue est venue de la gastronomie et d’une décision municipale majeure. L’ouverture du Bistrot de Lyon en 1974 fut un signe précurseur, suivie par la décision de la rendre piétonne. Le chantier de rénovation, incluant la pose des célèbres pavés, s’est achevé en 1990. Cette piétonnisation a permis l’installation massive des terrasses et a transformé la rue en le pôle gastronomique et convivial que l’on connaît aujourd’hui.

Les meilleurs restaurants de la rue

La rue est renommée pour sa gastronomie. Les bouchons lyonnais, restaurants traditionnels typiques de la ville, y proposent une cuisine authentique et généreuse, mettant en valeur les spécialités locales telles que la quenelle, le tablier de sapeur ou encore les grattons. Le charme de la Rue Mercière tient à cette concentration unique d’adresses qui célèbrent le fameux « art de vivre à la lyonnaise ».

Voici une liste de tables Iconiques et leurs histoires :

Le Mercière (56 Rue Mercière)

Le Mercière
Le Mercière

Pilier de la cuisine lyonnaise traditionnelle, son adresse est stratégique, jouxtant le Passage des Imprimeurs, hommage au passé intellectuel de la rue.

La Mère Maquerelle Bouchon Lyonnais (62 Rue Mercière)

La Mère Maquerelle Bouchon Lyonnais
La Mère Maquerelle Bouchon Lyonnais

Rendant hommage aux « Mères Lyonnaises », ce bouchon authentique perpétue la cuisine généreuse et conviviale qui régalait autrefois marchands et canuts.

Le Bistrot de Lyon (64 Rue Mercière)

Restaurant le Bistrot de Lyon
Restaurant le Bistrot de Lyon

Une institution fondatrice. Son ouverture en 1974 est vue comme l’acte de naissance de la rue Mercière gastronomique, qui a relancé l’attractivité de tout le quartier.

Le Layon (52 Rue Mercière)

Restaurant le Layon de style bistrot unique
Restaurant le Layon de style bistrot unique

Ce bistro au charme désuet est un lieu idéal pour le terroir. Il occupe une des façades qui bordait les échoppes de drapiers et de merciers au Moyen Âge.

La Mère Cottivet (58 Rue Mercière)

La-mère Cottivet Lyon
La-mère Cottivet Lyon

Rendant hommage aux grandes cuisinières, il se situe près de l’une des rares cours Renaissance conservées dans la rue.

Les Infidèles (57 Rue Mercière)

Les Infidèles
Les Infidèles

Une adresse saluée pour sa finesse et sa qualité, preuve que la rue sait embrasser la modernité culinaire tout en respectant son cachet architectural.

Terrasses Animées

rue mercière terrasse

La Rue Mercière est également prisée pour ses terrasses animées. Les cafés et les bars proposent des espaces extérieurs accueillants, parfaits pour profiter du dynamisme de la rue tout en dégustant un verre ou en savourant un repas en plein air.

Destination Touristique

le tourisme à la rue mercière sur lyon

La Rue Mercière, en raison de son ambiance, de sa gastronomie et de son attractivité, est aussi une destination prisée des touristes

1. L’Architecture : Observer la « Stratification du Temps »

L’architecture de la Rue Mercière est un rare exemple de stratification historique, où l’on observe la transition entre le style médiéval et l’opulence de la Renaissance.

L'hôtel Horace Cardon occupe l'angle de la rue Mercière au 68, et de la rue de la Monnaie
L’hôtel Horace Cardon occupe l’angle de la rue Mercière au 68, et de la rue de la Monnaie

➡️ Le Style dominant : L’Opulence de la Première Renaissance

  • Façades et Matériaux : Admirez les immeubles construits en pierre de taille calcaire (souvent de teinte dorée), offrant un contraste saisissant avec l’étroitesse de la rue.
  • Ornements Italiens : Cherchez les traces de la Renaissance, importées par les marchands italiens : des fenêtres décorées de médaillons, de guirlandes, et des mascarons sculptés au-dessus des portes (visages décoratifs).
  • Les Hôtels Particuliers : Ces bâtiments, souvent hauts et étroits, étaient la résidence des plus riches familles. Remarquez la hauteur des portes cochères et l’importance des entresols, qui servaient autrefois d’arrière-boutiques.

➡️ Ce qui Reste du Moyen Âge

  • Structure Serrée : La configuration très resserrée de la rue témoigne de son tracé médiéval, antérieur aux grandes percées du XIXe siècle.
  • Pans de Bois Discrets : Bien que la pierre ait remplacé le bois (suite aux réglementations anti-incendie du XVIIIe siècle), vous apercevrez parfois dans les cours intérieures quelques vestiges de pans de bois, rappelant l’aspect originel de la cité.

Nous ne pouvons évoquer l’histoire de la Presqu’île sans rendre hommage à Horace Cardon, incarnation de la prospérité lyonnaise à la charnière de la Renaissance et de l’ère classique. D’origine piémontaise, il fut l’un des plus grands banquiers, marchands et libraires-imprimeurs de son temps. C’est dans le secteur immédiat de la Rue Mercière que sa puissance financière et intellectuelle s’est exercée, finançant les rois de France tout en éditant les plus grands esprits.

2. Le Secret des Passages : L’Axe Rue-Quai

Pour comprendre l’économie de la Rue Mercière, il faut regarder au-delà des façades : c’est l’artère centrale d’un réseau secret de passages (traboules) qui la reliaient directement au quai de Saône.

Le saviez-vous ? La fonction principale de ces passages était de permettre aux marchands de transporter rapidement et discrètement leurs marchandises entre leurs bureaux (sur Mercière) et les bateaux (sur le quai), évitant la foule.

➡️ Le Passage des Imprimeurs (56 Rue Mercière – 26 Quai Saint-Antoine)

  • Fonction : Nommé en l’honneur de la florissante industrie du livre lyonnaise (XVe-XVIe siècles). Les imprimeurs (dont le célèbre Étienne Dolet) utilisaient ce raccourci pour acheminer le papier et distribuer leurs ouvrages.
  • À Observer : Le passage lui-même, partiellement couvert, est un voyage dans le temps qui mène à la lumière du quai.

➡️ La Cour Voisine du 27 Quai Saint-Antoine

  • L’Écrin Renaissance : Juste à côté du Passage des Imprimeurs se trouve une entrée (souvent visible à travers le porche) menant à l’une des plus belles cours Renaissance de la Presqu’île.
  • Le Détail Architectural : Si la cour est visible, cherchez les galeries superposées et, potentiellement, un escalier monumental (à vis ou ouvert) qui témoigne du luxe de l’ancien hôtel particulier.

En somme, la Rue Mercière est bien plus qu’une simple rue commerçante ; elle est un symbole de l’identité gastronomique, culturelle et conviviale de Lyon, où les plaisirs de la table se mêlent à la chaleur humaine pour offrir une expérience unique aux visiteurs et aux habitants.

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Pierre Bossan

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